Deux familles, deux usages.
Les compétences techniques (hard skills) sont vérifiables : un logiciel, une langue, une habilitation, une méthode. Les compétences comportementales (soft skills) décrivent ta manière de travailler : rigueur, autonomie, sens du contact. Les deux comptent, mais pas au même endroit du CV ni de la même façon.
Les compétences techniques vont dans une rubrique « Compétences » dédiée, en texte simple, car c'est là que les logiciels de tri (ATS) et les recruteurs les cherchent. Les compétences comportementales, elles, ne convainquent personne en liste : « rigoureux, autonome, esprit d'équipe » est la ligne la plus recopiée de France. Elles se prouvent dans les expériences, par des faits.
Une soft skill s'écrit en histoire, pas en étiquette. « Autonome » ne dit rien ; « seul en poste la nuit sur un service de 30 lits » le prouve.
Choisir les bonnes : celles de l'annonce.
La question n'est pas « quelles sont mes compétences » mais « lesquelles ce poste demande-t-il ». Prends l'offre visée et surligne chaque compétence, outil et qualité mentionnés. Ce surlignage est ta liste cible : ton CV doit y répondre point par point, avec les mêmes mots. Les ATS et les recruteurs cherchent les termes exacts de l'annonce, pas des synonymes.
- Reprends le vocabulaire de l'offre. Elle dit « relation client » et toi « accueil des usagers » ? Aligne-toi sur elle, si c'est honnête.
- Sigles et versions longues. Écris les deux : « CRM (gestion de la relation client) », « CACES 1-3-5 ». La machine peut chercher l'un ou l'autre.
- 6 à 10 compétences techniques maximum. Une liste de 25 items dit surtout que tu n'as pas choisi. Garde celles que l'offre demande et celles qui te différencient.
- Classe par familles. « Logiciels : Excel, SAP · Langues : anglais B2 · Habilitations : HACCP ». Lisible pour l'humain, propre pour la machine.
Les compétences qui comptent selon ton profil.
Pour un profil junior ou sans expérience, les compétences remplacent le parcours : mets en avant ce qui est démontrable, un projet d'école chiffré, une langue certifiée, un logiciel maîtrisé, un job étudiant traduit en compétences (tenue de caisse, gestion de flux, relation client). Pour un profil confirmé, la rubrique compétences complète les expériences sans les répéter : outils, méthodes, certifications, management le cas échéant, avec le niveau réel.
Sur les niveaux justement : bannis les jauges et les étoiles, illisibles pour les ATS et invérifiables pour l'humain. Pour les langues, utilise l'échelle européenne (A2, B1, B2, C1) ou une mention concrète : « anglais professionnel, réunions hebdomadaires avec le siège de Londres ». Pour les logiciels, le contexte vaut mieux que le niveau autoproclamé : « Excel : TCD, recherches, tableaux de bord » informe plus qu'« Excel : avancé ».
Les erreurs qui décrédibilisent.
- La liste de qualités génériques. « Motivé, dynamique, sérieux » : tout le monde l'écrit, personne ne le lit. Chaque soft skill affirmée doit avoir sa preuve dans une expérience.
- Les compétences périmées ou évidentes. « Pack Office » seul en 2026 n'apporte rien, « Internet » encore moins. Précise ce que tu fais vraiment avec l'outil.
- Gonfler son niveau. Une compétence affichée est une question d'entretien. « Espagnol courant » se teste en trente secondes, et l'entretien ne pardonne pas.
- La même liste pour toutes les annonces. Les compétences en tête de liste doivent changer selon l'offre. C'est le même travail d'adaptation que pour le reste du CV.
Le fil conducteur : chaque ligne de ta rubrique compétences doit être utile au poste visé, formulée dans les mots de l'annonce, et défendable en entretien. Si l'une des trois conditions manque, retire la ligne.